opinions par andree salibi

28 novembre 2016

Antoinette Montaigne ou la Ministre au grand cœur, « La joie des grands cœurs est de donner de la joie. »Henri-Frédérique Amiel.

Publié par andreesalibi dans Liens

Elle était de passage à Beyrouth pour la 36 ème Assemblée Générale des Maires Francophones, ce fut sa première visite chez nous. Grâce à notre ami commun politologue,  Germain-Herve Mbia Yebega,  nous sommes entrées en contact. -« Tu dois la connaître et pourquoi ne pas lui demander un entretien sur son pays natal adoré, La République Centrafricaine. »

L’Afrique me fascine et sur mon chemin je côtoie souvent des personnalités marquantes originaires de ce beau continent. Madame la Ministre vous m aviez beaucoup touchée, vous avez un bon cœur droit et sincère.

Femme politique Franco-Centrafricaine, Antoinette Montaigne est nommée conseillère municipale en Seine-et-Marne en mars 2008. En janvier 2014 elle est nommée Ministre de la communication et de la réconciliation nationale dans le gouvernement centrafricain de transition du Premier ministre Andre Nzapayeke. Elle quitte la France pour Bangui. En aout2014, elle quitte ses fonctions de ministre pour devenir porte-parole de la Présidence Centrafricaine. Femme pugnace et courageuse,  plusieurs projets de coopération sont à son effectif tout au long de ses fonctions.

Représentante du Défenseur des enfants pendant onze ans, elle était aussi professionnelle de la protection de la jeunesse. Elle a géré les émeutes de 2005 en Seine-Saint-Denis, au parquet mineur en tant que chef du pôle d’accompagnement judiciaire et éducatif. « C’était une période très difficile, ces événements étaient annonciateurs de ce qui se passe aujourd’hui. »ajoute-t-elle.

Docteur en droit pénal des mineurs de l’université de Panthéon-Assas Paris II, et juriste des droits de la jeunesse, expert des droits de l’Homme et des stratégies de prise en charge des enfants soldats, elle a toujours poursuivi son engagement envers son pays. Aujourd’hui même elle se trouve à Bangui pour un atelier de prise en charge de 10.000 enfants soldats.

Quand l ancienne Ministre évoque le barbarisme de la guerre civile, on lit l’écœurement dans ses yeux et une  profonde détermination de vouloir changer les choses pour rétablir la confiance, le respect de l’autre, la culture du dialogue partagé,  des partenariats entre les communautés. Pour que plus jamais les peuples ne s’entretuent au nom d’un Dieu, d’une religion ou simplement d’une différence.

Elle allait toujours vers les jeunes armés pour les raisonner. Elle leur parlait de leur avenir, les priait de mesurer l’ampleur des dangers courus, de ces armes qui se retourneraient contre eux et leurs familles. Ca marchait  des fois, « ils baissaient les yeux »dit-elle,  mais le mal est toujours plus fort et l’enjeu de ces crimes commis contre l humanité, encore plus fatal. Oui dans ces pays affaiblis, « on succombe à  la loi du plus fort, à l’appât du gain, et on se laisse prendre à la tentation de confisquer des ressources publiques pour des enrichissements personnels.», comme le dit si bien Nelson Mandela. Le peuple est délaissé à lui-même.

Antoinette Montaigne est la fondatrice de l’Académie de la paix et du développement durable. Le retour à l’ordre constitutionnel le 30 mars 2016, a fait qu’il fallait continuer à lutter pour ne plus retomber dans le même gouffre. Il était question de construire la paix à la base pour toucher chaque Centrafricain dans sa citoyenneté et sa volonté de faire société avec ses compatriotes.

L’Académie de la paix va s’inscrire dans le cadre d’une approche scientifique de laboratoire expérimental. Elle place au cœur de son action, l’éducation à la paix qui la met en réseau avec l’initiative africaine d’éducation à la paix lancée par le Centre Panafricain pour la Prospective Sociale CPPS- Albert Tévoedjré. Cette initiative est à la dimension des besoins de l’humanité confrontée à la montée des intolérances et au risque de divisions communautaires.

La construction des villes du Vivre Ensemble, thème de cette assemblée de l’aimf à Beyrouth, est une chance pour la République Centrafricaine.  L’appui constant et fraternel de la grande famille francophone est plus que nécessaire après la guerre civile qui avait tout saccagé. « Nous allons travailler avec les autorités locales centrafricaines à l’enracinement du Vivre Ensemble dans tout le pays », dit-elle.

Mais les autorités locales sont fragilisées par la crise. Pour les réhabiliter et les outiller il faudrait renforcer l’ordre constitutionnel par une représentation de l’autorité de l’Etat à la base pour rassurer chaque citoyen qu’il est bien protégé dans ses  droits. Il faudrait donc construire la paix et le développement local pour parvenir à reconstruire des villes et villages durables avec des populations convaincues du vivre ensemble. « Nous voulons nouer des partenariats avec tous ceux qui agissent pour la paix, au Liban qui nous a très bien accueillis, que nous remercions du fond du cœur, et partout à travers le monde. Que cette fraternité de la paix qui nous unit grandisse et efface la méfiance qui cause la division de la discrimination », dit- elle aussi.

Son message est clair : « Centrafricains et citoyens du monde engagés pour la Paix et le développement durable, nous voulons vivre ensemble en Centrafrique et partout dans le monde pour une planète de fraternité et de partage. Nous sommes nombreux dans le monde à vouloir la paix. J’emprunte volontiers à Madame Michaelle Jean, Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, dans son discours d’ouverture a l’assemblée générale 2016 des Maires Francophones, ce poignant message qui a marqué les esprits : « la force du nombre ». »

Toute l’humanité doit prendre conscience que «  la force du nombre »est aujourd’hui pour la Paix et pour le Vivre Ensemble et aussi  pour l’Humanité dans la Diversité des peuples et des cultures. »

Il ya beaucoup à faire dit- elle, les défis sont énormes et nombreux.

-Et pour le Liban quel message voudriez- vous faire parvenir aux libanais ?

- continuez à lutter et ne baissez jamais les bras, dit-elle de son regard sagace.

-Oui il est bien temps que nous nous indignions. (Indignez-vous de Stéphane Hessel).

 

 

Andrée SALIBI

15 novembre 2014

« Aucun individu ne peut être humain tout seul »

Publié par andreesalibi dans Liens

Les 90 ans de L’Orient-Le Jour, ça se fête. C’est un siècle d’échange, d’amitié et de partage. L’Orient, puis Le Jour, puis l’Orient-Le Jour, trois quotidiens ayant fait tout au long de ce siècle le grand bonheur des Libanais francophones.

Que de nouvelles ont été transmises par le biais de ce journal. Que d’informations libres, honnêtes et pluralistes ont éveillé les consciences ; Une information de qualité et une présence efficace dans les milieux sociaux, politiques et religieux.

De longues années de guerre s’étaient succédé, des tyrannies, des persécutions et des enjeux énormes ont marqué le siècle. Malgré une situation précaire, malgré les doutes, l’équipe du journal  ne se lassait jamais d’aller chercher l’événement où il se trouve et de le diffuser, intact, dans les colonnes du quotidien, respectant la déontologie et l’éthique journalistiques au nom de la qualité de l’information et de l’exactitude des faits. Les éditoriaux sont clairs pour sauvegarder la transparence et l’impartialité. Une équipe de journalistes respectueux des valeurs et à la hauteur de l’événement assure le progrès; Une rédaction impartiale, fidèle, toujours à l’écoute de ses lecteurs ; La page « Opinion » consacrée aux réactions des lecteurs figure sur le web, exemple vivant de cet échange vivace et propice.

L’Orient le Jour ce cher quotidien attendu tous les matins, cet ami dévoué qui accompagne nos matinées et nous offre une information impartiale, ce quotidien est bien digne de nos  cinq mille ans d’histoire.

Au Salon du livre, autour de l’ouvrage de Michel Touma, et en présence de toute l’équipe, des trois vétérans du journal, Issa Goraieb, Nagib Aoun et Christian Merville, je réalisai les liens solides qui nous unissent. Animée par d’un sentiment spontané d’appartenance à ce journal, je savourais aussi mon attachement à la francophonie. Cette longue fraternité, cet amour sincère de la France inculqué par nos parents et transmis à nos enfants, ont réveillé dans mon cœur une foule de sentiments. J’ai revu mes années scolaires, la place majeure qu’occupait la langue française dans mon éducation, les premiers poèmes retenus et  déclamés avec aisance. J’ai revu les activités de l’été au Centre culturel français, les visites matinales pour échanger des livres de lecture. Cet accueil chaleureux des missionnaires français, cette ambiance intellectuelle, cette politesse que je garde précieusement en mémoire. Et aussi, les sessions du CCF destinées aux professeurs, pour des méthodes d’enseignement modernes, nécessitaient la présence d’élèves privilégiés. Je me souviens aussi du « signal » que nos parents faisaient circuler parmi nous, mes frères, mes sœurs et moi, pour nous obliger à pratiquer cette douce langue. Ce petit objet banal, qui ne valait rien au départ, retrouvait toute sa magie, le temps d’une compétition. Le gagnant de la semaine, celui qui avait réussi à s’en débarrasser, recevait en cadeau… des livres en français.

Oui, la francophonie me colle à la peau et me fascine. Elle reste mon dernier espoir de paix et de salut. Il est impossible de détourner mon estime et ma gratitude vers d’autres horizons. Le passé glorieux qui nous unit à la France est réel, notre avenir ne peut que passer par elle.

Chers journalistes de l’Orient le jour, dont la plupart sont aujourd’hui des amis, votre journal est un présent qui agrémente nos jours. Il nous a accompagnés toute notre vie. Aujourd’hui  notre pays stagne et souffre ; la présence de journalistes comme vous, qui conçoivent comme nous la  liberté, nous réjouit. En lisant notre journal tous les matins, nous nous réfugions dans un monde meilleur où les gens se ressemblent et s’assemblent et nous nous mettons à espérer d’un avenir meilleur où  l’on pourrait enfin rejeter la soumission, la corruption, et l obscurantisme.

Mais nos martyrs attendent toujours que notre terre se libère pour retrouver la paix. Une soif commune et intense de liberté nous saisit, une résilience opposée à tout ce qui menace de l’asservir dans un monde cruel et indifférent. le Liban se libèrera un jour prochain du joug du confessionnalisme et des mauvaises influences pour redevenir une terre de salut. Si seulement les Libanais se décidaient à partager cette même vision pour parvenir à construire enfin leur nation.

Avec tout ce que ce quotidien  représente pour nous, avec l esprit qui nous a animés un certain 14 mars, avec la promesse de Gibran incrustée en nous en ce jour,  je  conviens qu’il serait bon d’être humains et unis avant  d’être chrétien, musulman, chiite ou sunnite, druze, …ou autre. Oui soyons humains en premier, et tout suivra. J’ajouterais : « Tous ensembles »car seuls nous n’y pourrons rien.

« Notre humanité dépend de l’humanité de nos semblables. Aucun individu, aucun groupe ne peut être humain tout seul. Nous nous élevons tous ensemble au-dessus de l’animal, ou pas du tout. Quand nous aurons appris cette leçon, même s’il est tard, nous aurons réellement progressé d’un millier d’années. Education d’un enfant protégé par la Couronne, Chinua Achebe

 

 

Andrée Salibi

17 août 2014

Le cauchemar

Publié par andreesalibi dans Liens

Comment te nommer Liban,

Comment ne pas te nommer

Andrée Chedid

 

 

 

Je ne peux contenir ma douleur et mon indignation face à la situation critique de mon pays et la discorde qui y  règne entre ses fils. La peur des chrétiens du Liban est justifiée, la myopie politique des maronites ayant dépassé toutes les limites. Des échéances sérieuses, des solutions pressantes pour la survie et l’existence même du Liban ne semblent pas secouer ces représentants du peuple. Rien ne semble les presser à surmonter leurs divisions, chacun son ego et ses intérêts personnels. Comment avons-nous fait pour arriver à ce degré de nonchalance, de haine et de légèreté ? Pourquoi les autres religions sont-elles solidaires entre elles, et s’entraident-elle sérieusement à travers le monde ?

Que de vies humaines et de positions auraient pu être sauvées, si on avait cherché plus tôt les vraies raisons des échecs et des erreurs commis tout au long des trente années passées. Une attente longue et houleuse, des générations perdues, rien n’a  pu intimider  les responsables tout au long des misères de ce temps, rien ne les a découragés ou écartés de leurs places malgré leur inefficacité. L’église maronite ne s’est pas directement impliquée pour les unifier, pour les obliger à affronter les tensions existantes, pour éviter   la marginalisation et l’humiliation du peuple qu’ils  représentent. Ce fut toutefois des réactions hésitantes, des interventions pesées et étudiées, craignant de fâcher ou vexer des  représentants chrétiens. Ce fut une politique à la manière de ponce Pilate, des actes remplis sans conviction pour répondre aux demandes  étrangères et non pas pour imposer l’autorité nécessaire à l’amélioration de la dégradation civique des chrétiens.

Les chrétiens caractérisés par leur hospitalité, leur cordialité et leur générosité, manquaient d’opportunités de travail et leurs souffrances s’empiraient au fil des jours. Ces longues années de guerre, nul ne leur avait  tendu la  main. L’éducation de leurs enfants, les frais scolaires et médicaux restaient à leurs propres charges. Leur vie ne manquait pas d’embûches,  on assistait souvent, dans certaines écoles privées, à des mises à la porte d’élèves n’ayant pas pu régler leurs scolarités. Pire encore, les soins médicaux étaient refusés aux malades n’ayant pas de garanties bancaires, des malades succombaient donc à leurs blessures aux portes des hôpitaux faute de soins vitaux. Les grandes familles faisaient l’impossible pour se soutenir, pour s’entraider dans les moments difficiles. Pour d’autres, l’émigration était lourde à supporter, trop d’humiliations aux portes des consulats.

« Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses inusables, un trésor inaltérable dans les cieux ; là ni voleur n’approche, ni mite ne détruit. Car, où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. » Mt 6.19-12) Les chrétiens luttaient encore et encore dans la prière, la tête haute, le cœur grand, une force céleste guidait leurs pas, les poussait à surmonter leurs difficultés.

Mais ce peuple qui souffre tous les jours pour garder sa dignité en l’absence de toute miséricorde, que celle de Dieu lui- même, est déçu. Ce peuple qui continue à surmonter les amarres, à travailler dur, a le droit à la vie paisible Ce peuple qui se force à vivre dignement, étant un peuple racé et ayant toujours dans le cœur la force de la foi et de l’espoir, a droit  à une retraite respectable. Ce peuple n’a  pas eu le temps en ces temps misérables  de se poser trop de questions, de mettre en péril l’absence de l’état, l’abus des pouvoirs, le manque de consciences dans tous les domaines. Pourquoi ce silence, cette indifférence de la part des maintes autorités ?

Et pourtant, les principes fondamentaux du Christianisme sont nobles. Etre chrétien comme on nous l’a si bien appris et nous le croyons avec force, c’est aimer sans retour, c’est se donner sans limites au prochain, c’est  l’aimer plus que soi-même, c’est pardonner et tendre la joue gauche à celui qui nous fait mal, c’est  le sacrifice, le dévouement, les bonnes actions. « L’homme », écrivait Jean-Paul II, « ne peut vivre sans amour, s’il n’en fait pas l’expérience, s’il ne le fait pas sien, s’il n’y participe pas fortement ».

Aujourd’hui, devant la volonté  internationale de mettre fin à ce dilemme, le monde entier nous regarde et on assiste à des hésitations, à des  comportements louches. Comme s’il était encore temps de perdre le temps, comme si on avait le droit de prendre notre temps pour faire passer le dernier laps de temps, le dernier délai de la constitution, la dernière échéance. Le problème est que personne n’est entrain d’agir par amour pour le Liban, pour la prospérité du Liban, pour le bien des chrétiens du Liban.

Et pourtant si un jour les chrétiens du Liban, à Dieu ne plaise, devraient être délogés, quitter les lieux par manque de places pour tous, par mauvaises conditions de vie. S’ils saisiront trop tard que leur pays ne leur appartienne plus. S’ils réaliseraient enfin  qu’on le leur avait habilement dérobé, qu’ils l’avaient eux-mêmes saccagés par leurs propres fautes, par trop de légèreté, par manque de clairvoyance. Les responsables politiques et religieux qui les représentent seraient hélas les premiers à devoir déserter. Ces responsables civils et religieux n’auraient plus de fonctions d’être, d’exister, ils ne représenteraient plus personne, les chrétiens ayant été écartés de la communauté Libanaise. Ce jour maudit, il n’y aurait plus de la merci, de la clémence ni même de l’indulgence, il n’y aurait surtout plus de places aux remords, aux lamentations ; il serait tout simplement  trop tard.

Mais si par miracle, tous décideraient de changer de comportements et de priorités pour trouver la force et la vigueur de faire face aux coups du destin. Si tous les chrétiens du Liban réaliseraient enfin l’ampleur de la responsabilité qui leur est confiée. S’ils rechercheraient leur bonheur collectif main dans la main, en regardant dans la même direction, vers l’avenir de leurs petits- enfants. Etant des minorités dans cette petite parcelle de la terre, si enfin ces responsables décideraient avec la bénédiction de l’église,  de se fortifier par leur communion pour garantir un avenir paisible aux Libanais. Ils arriveront alors à s’imposer, à s’enraciner pour de bon dans cette terre comme les cèdres millénaires, leur identité serait sûrement retrouvée, celle du Liban aussi.

Oui à une assemblée chrétienne pour se serrer les rangs, sans intrus, sans chaperons, sans témoins. Une assemblée générale  qui permettrait à cette noble communauté de remonter la pente, de mettre fin aux conflits avec la force de l’amour que Dieu a mis dans leurs cœurs. Notre bonheur ne dépend que de nous, il faudrait surtout savoir saisir notre chance Mieux vaut tard, au dernier quart d’heure, que jamais.

L’entente au Liban, l’a si bien dit Michel Chiha, est le bilan de l’équilibre régional et international.

 

 

Andrée Salibi

14 mai 2014

LA POSSESSION,

Publié par andreesalibi dans Liens

Je me suis souvent repenti d’avoir parlé, mais jamais de m’être tu.
Commines (Philippe de)
Quelle est cette force infernale, ce sortilège qui envoûte certains libanais, qui occupe leurs esprits, qui leur enchevêtre leurs têtes par des obsessions irréductibles, des accusations et des calculs de petits comptes interminables, des inculpations satiriques, freinant tout progrès dans le pays, et effaçant toute tolérance dans les cœurs.

. Depuis plus de trente ans, le Liban souffre, s’infléchit et recule. On assiste à son anéantissement sans soucis, en poursuivant nos imputations. Nous faisons toutes ces années du surplace ; Ils ont détruit l’entente qui existait entre nous, celle qui constituait notre harmonie, notre identité et notre vigueur. Nous sommes devenus le maillon faible, un peuple qui ne se meut qu’à reculons, doté d’un semblant de république paralysée, d’Etat dans l’Etat, gouverné par des chefs de clans qui freinent toute évolution et tout état de droit.

Notre pays s’est vidé de ses jeunes, nos responsables renient toute responsabilité et ont toujours des excuses à donner. Nous évitons depuis longtemps leurs talk-shows, leurs monologues, les propos qui ne disent plus rien, les conflits habituels et les calomnies vulgaires. Ils continuent leurs débats sans se lasser, pourvu qu’ils accaparent le pouvoir. Par leurs comportements bizarres, les libanais se sentent tous les jours humiliés et désespérés.

Les élections présidentielles et parlementaires devraient bien se dérouler. L’état de blocage doit cesser. Les libanais devraient urgemment faire leurs choix et les résultats seraient acceptés par tous. Mais certains protagonistes sont toujours incapables de tourner la page et d’enterrer le passé. Demain ce seraient de nouvelles étapes que sont la formation du gouvernement, puis les élections municipales. De quoi orner nos saisons, occuper notre temps libre, avec toutes les péripéties qui accompagnent de telles démarches. Elles détournent l’attention des Libanais de leurs revendications primaires, nourrissent les polémiques, embrouillent les esprits.

Mais les libanais sont assoiffés de vivre et de s’épanouir dans leur propre patrie, entourés de leurs familles et amis. Après de longues années d’expatriation, ils exigent plus que jamais leurs droits, l’amélioration de leur qualité de vie. Ils désirent un Etat fort, des lois édictées et respectées par tous, une séparation des pouvoirs, une transparence dans les institutions, des chances égales dans tous les domaines.

.Il est temps de ralentir la régression du pays, d’arrêter ce langage agressif qui déroute et qui dégoûte aussi. Le discours politique doit changer pour redresser le pays et laisser aux autres responsables, qui veulent accomplir leurs devoirs, l’occasion de le faire. Aujourd’hui, la diplomatie est de rigueur. Même si les motivations sont importantes, les calomnies et la discorde ne freinent pas la corruption. Le Liban appartient aux Libanais, les politiciens sont leurs porte-parole, et nul ne devrait se considérer libre de semer la pagaille. Nul ne doit se sentir le seul et unique expert en la matière de réforme. Les patries ne se construisent pas dans une ambiance de haine, d accusations et de rejets. Un climat d’entraide et de confiance doit régner pour réussir une telle entreprise.

Comment faire pour convaincre la diaspora libanaise de se déplacer pour les élections, et d’investir dans leur propre pays ?  Un état de droit solide et cohérent est le seul et unique espoir. Le devoir appelle, il faut s’atteler à la tache pour la reviviscence générale d’un Etat moderne.

Sans la collaboration de tous les libanais, les miracles restent impossibles à réaliser. Il faudrait modifier nos comportements despotiques, supprimer l’égocentrisme, accepter, respecter et surtout aimer nos différences qui forment notre unicité. Une seule et unique priorité, planifier l’avenir à l’abri des lois, oui, mais aujourd’hui et sans remettre à demain. « C’est dans le silence des lois que naissent les grandes actions ». Marquis de Sade

 

Salibi Andrée

4 avril 2014

Pour que plus jamais ne coule une larme dans les yeux d’une Femme !

Publié par andreesalibi dans Liens

 

 

Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons. Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui. A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis.  Martin Luther King.

 

 

 

Femme tu souffres, je le sais, je le sens. Tu souffres pour toi, pour moi, pour elles. Dans ton pays des femmes sont agressées, violées, tuées. Les coupables sont relâchés par des responsables censés te protéger. Ta douleur a pour cause ces crimes impunis, cette injustice, tes droits bafoués. Et tu continues à prendre les coups. Tu es fatiguée de revendiquer tes droits. Le nombre de victimes s’accroit de jour en jour, dans l’indifférence. Et tu comptes les victimes. Des jeunes femmes  succombent à leurs blessures causées par des maris aliénés. Tu ne veux plus aimer mais l’amour te désarme, t’affaiblit, il te déroute.  Il faut à tout prix réagir, parler, avouer pour  qu’enfin tu te libères.  Il est urgent de le faire pour toi, pour moi et pour l’humanité entière.

Femme, hier tu as décidé de bouger, et tu as excellé. Tu as  répondu à l’appel de l’association Kafa, en ce 8mars, décrété journée Internationale de la Femme. Cette manifestation, bien organisée,  a rassemblé des centaines de femmes et d’hommes venus crier leur indignation, demander que justice soit faite, que l’Etat de droit soit instauré. Tes revendications les plus urgentes ? Que les assassins de Roula, de Christelle, de Manal payent pour leurs crimes et que les victimes puissent enfin reposer en paix. Que plus jamais on n’abuse d’une femme, que plus jamais une femme ne se retrouve à la merci d’hommes et que plus jamais des coupables n’échappent à la justice.

Femme, les discriminations à ton encontre sont nombreuses. Certaines femmes méconnaissent leurs droits les plus élémentaires et vivent dans des sociétés tribales. Elles se soumettent à l’homme, « l’élément le plus fort, le plus riche et le plus puissant ». Elles se retrouvent seules face à leur destin et aux préjudices qui leurs sont infligés. L’absence de refuges et de maisons d’accueil pour « femmes battues » les oblige à subir. Ces refuges, s’ils existent,  ne sont pas légalisés ni même sécurisés par l’Etat.

Les principes de soumission inculqués aux filles, doivent être modifiés. Le refus de certains parents d’intervenir malgré les soupçons de violence doit cesser. Par leur silence, ils nuisent à toute la famille. Aujourd’hui, c’est le tour de Roukaya Mounzer  qui succombe sous les coups de son mari. C’est un cercle vicieux et la fin est toujours tragique.

Libanaise, les femmes n’ont pas la possibilité, à compétences égales, d’avancer aussi vite que l’homme et ce sont les hommes en général qui occupent les postes-clefs dans tous les domaines. Tu vas revendiquer tes droits en connaissance de cause, tous tes droits, et surtout l’application de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l égard des femmes, pour que tu puisses avoir le même parcours que lui.

Au Québec, une leçon de discrimination a été appliquée dans une classe primaire. Une enseignante a  décidé, en collaboration avec un groupe pédagogique spécialisé, de faire vivre à ses élèves  une expérience unique qui les sensibilisera vis a vis de toute  forme de discrimination. Elle a divisé sa classe en deux groupes, selon la taille des élèves : le groupe des « grands », a été favorisé par l’enseignante le premier jour ; le groupe des « petits » a été défavorisé. Le lendemain, c’était le tour du second groupe d’être avantagé. Au bout des deux jours, la discrimination a été rejetée par tous. Les enfants de cet âge ne distinguent pas les différences. De10à 15 ans ils savent mieux  choisir,  ils discutent,  observent, se posent des questions.  En général, les enfants ont le respect pour tous.

En France, 2013-2014 est une année de mobilisation pour l’égalité. « 74 % des élèves des filières littéraires sont des filles, pour 30 % des élèves scientifiques. Seulement 28 % des diplômes d’ingénieurs sont délivrés à des femmes. » Selon cette étude, la réussite de tous les élèves est liée à la manière dont l’école applique l’égalité  entre les élèves. La signature de la convention  interministérielle 2013-2018 aurait constitué la manifestation d’une réelle égalité entre les filles et les garçons dans le système éducatif français si elle n’avait pas provoqué une polémique. Cette convention aurait pu offrir aux enseignants des outils et des recours pour aider à  transmettre l’égalité entre les sexes. Mais cet « ABC de l’égalité » portait en lui une « théorie du genre » et un « atelier du genre » incongrus. Selon cette théorie, il fallait inculquer aux petits que les tendances sexuelles ne sont pas seulement biologiques et qu’elles  pourraient  être modifiées. Vincent Peillon a tenté de rassurer les parents affolés qui n’envoyaient plus leurs enfants dans ces 600 établissements où ces théories allaient être appliquées. Il leur a  affirmé que c’étaient des rumeurs et que seules les valeurs de la république allaient être enseignées pour une vraie égalité  femme-homme.

Libanaise, c’est face à un divorce, à une succession, à une demande de nationalité, à un droit de tutrice que tu réalises que tu es dépourvue de droits, maltraitée et humiliée. Un travail pour de nouvelles réformes et de  nouveaux projets de lois est donc nécessaire. Pour cela, il faudrait créer un ministère de la Condition féminine et établir une parité hommes- femmes au Parlement en fixant un quota pour les femmes. Une mesure discriminatoire, momentanée, juste le temps que l’égalité s’applique.  Mais il faudrait rendre ces fonctions accessibles aux femmes spécialisées. Ces femmes, devraient obtenir l’annulation des lois discriminatoires. Elles pourraient aussi réclamer la modification des lois pénales, celles relatives à l’adultère,  à la nationalité que seul le père donne à ses enfants, les lois relatives au statut personnel, etc. L’abolition de la discrimination envers les femmes est donc fondamentale pour construire ensemble l’humanité de demain. Pour que le jour se lève enfin sur des êtres égaux, normaux, dignes et respectables, qui acceptent les différences, qui expriment le désir de vivre ensemble, de fonder des familles heureuses et de construire des nations.

Mais de grâce ne touchez pas aux enfants

21 mars 2014

Une Femme,

Publié par andreesalibi dans Liens

 

 

 

« Là où on s’aime, il ne fait jamais nuit ».

 

 

 

C’est elle qui pose sur nous ce premier regard d’amour intense, qui sera tout au long de notre vie, notre marque, notre unicité et la force d’y croire.

C’est elle qui s’oublie depuis ce jour, nous offre tout ce qui est en son pouvoir, pour nous voir heureux et comblés.

C’est dans ses bras réconfortants que nous cherchons refuge, dans les moments désespérés de nos vies, pour soigner nos blessures, nous remettre de nos chagrins.

C’est dans ses yeux que nous nous flattons, comme dans un miroir magique, une illusion optique de mère, son enfant beau comme un dieu.

C’est en plongeant dans son regard, que nous savons que le monde n’est pas cruel, que l’amour existe encore, rien que dans ces beaux yeux couleur miel, et son sourire de velours.

C’est de ces mains bénies, fatiguées de tant donner, mais tendues vers nous sans cesse, qu’il nous semble doux de recevoir.

C’est ce corps majestueux, qui se courbe de jour en jour, qui confirme sans cesse, cet engagement sacré, ce serment d’amour éternel.

C’est son cœur qui bat la tendresse et la conciliation, qui nous veut unis autour d’elle, qui nous rapproche et nous veut solidaires, malgré et contre tout.

C’est sa voix qui nous conseille, adultes et enfants que nous soyons, dont on fait notre guide fidèle, notre conscience, notre chanson.

C’est elle qui nous attend tous les soirs, même si nous ne rentrerons pas, qui attend quand même avec patience, sa raison d être, son âme, son soleil, son enfant.

C’est elle qui multiplie les prières, à notre demande ou pas, pour une réussite, une guérison, un danger, une trahison, même un caprice ou une bagatelle, qui nous concerne, ont de l’importance à ses yeux.

C’est elle le noyau de la famille, l’aimant qui nous attire tous, c’est notre bercail familial, notre rivage, notre repos.

C’est elle la gardienne fidèle du passé, de nos cœurs, de nos souvenirs ; c’est notre identité, notre étoile, un don précieux de Dieu.

C’est elle les fêtes, les joies, les traditions.

C’est elle les dimanches animés, les plaisirs de la vie, les caprices des enfants.

Rien que la regarder s’occuper de nous me flatte, me comble, m’enchante.

Rien que l’admirer dans son rôle de grand-mère, me réjouit.

Rien que savoir qu’elle existe me réchauffe le cœur.

Rien que vieillir comme elle, en beauté, je le convoite,

Une femme comme toi maman !

8 mars 2014

Pour un ministère de la Condition féminine. NO RIGHTS, NO WOMEN

Publié par andreesalibi dans Liens

 

 

A Léa, Christina, Rana, Roula, Natacha, …

Des libanaises qui se rassemblent le 8 mars,  pour revendiquer  les droits de la femme.
Dès l’instant de ta venue au monde, une affection inouïe t’entoure. Tes parents sont fous de joie, et même si certains préfèrent les fils, ils réalisent de suite leur chance de t’avoir. Enfant tendre et douce, tes pleurs sont gazouillés et tout ce monde tombe vite sous ton charme. On te câline, on est fasciné et on rêve de vie douce. On te contemple, un foyer douillet se dessine.

Et le temps passe, la famille est comblée, les années s’écoulent, à toi de te caser. À ton tour, tu exerces brillamment tous les métiers et tu fondes ton foyer. Tu veux faire mieux que ta mère, surdouée que tu es. Tu veux  prendre connaissance de ton statut de femme,  pour mieux te protéger. Te voilà à la fois douce et ferme, tendre et résolue, généreuse et assurée et surtout décidée à avancer les choses pour un avenir meilleur. Fais gaffe il ya trop à faire, tes droits sont bafoués et toutes ces années, la femme est restée lésée.

Jeune Femme d’aujourd’hui, tu sais aussi que les femmes n’ont pas la possibilité d’avancer aussi vite que l’homme à compétences égales, et que ce sont les hommes en général qui ont les postes clefs dans tous les domaines administratifs ou autres. Tu le sais car tu le subis, car tu exerces brillamment  tous les métiers.  Tu vas revendiquer tes droits en connaissances de causes, tous tes droits, et surtout l’application de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l égard des femmes, pour que tu puisses avoir le même parcours que lui.

Femme, la nature a décidé que tu sois délicate, que tu aies un rôle principal  dans la procréation,  mais tu refuses que ça soit un handicap ou un prétexte pour permettre aux hommes de renforcer leur rôle dans la société, ou justifier une intimidation à ton égard.. Tu préconises même un changement pour interdire sous peine de sanctions, le licenciement pour cause de grossesse ou de congé de maternité,  et exiges l’octroi de congés de maternité payés. Tu réalises cette injustice,   Tu veux libérer tes consœurs du joug des lois arbitraires.

Tu as décidé de modifier ces iniquités et tu réclames l’égalité avec ton conjoint. Tu veux qu’il accomplisse tous ses devoirs,  et plus encore ; qu’il  s’implique mieux dans la famille, qu’il se décide enfin à te donner naturellement ta place à ses côtes,  qu’il partage à son tour comme toi les tâches multiples, et qu’il participe sérieusement à l’éducation de vos enfants.

C’est grâce à tes consœurs, avant toi, que le Liban est resté terre d’amour et d’accueil, malgré la guerre et la situation économique précaire. Elles président tant d’organisations caritatives et jouent  un rôle primordial dans le maintien de la société. C’est face à un divorce, à une succession, à une demande de nationalité, à un droit de tutrice que la libanaise réalise qu’elle est dépourvue de droits, maltraitée et diminuée.

Oui, des femmes souffrent en silence.  Des crimes sont commis envers elles au nom de la liberté. Le préjudice causé aux femmes est tellement grand qu’il faudrait un travail de rééducation au niveau des individus. Un travail pour de nouvelles reformes et de  nouveaux projets de lois est donc nécessaire.

Pour cela, il faudrait créer un ministère de la Condition féminine et établir une parité hommes- femmes au Parlement en fixant un quota pour les femmes. Ce ministère devrait œuvrer à annuler les lois discriminatoires à l’encontre des femmes et changer les mentalités. Changer aussi les lois pénales, celles relatives à l adultère, au crime d’honneur, à la nationalité que seul le père donne à ses enfants, et les lois relatives au statut personnel et tant d’autres.

Il faudrait surtout instituer le mariage civil pour libérer la femme du joug des lois confessionnelles et de l’iniquité des jugements des tribunaux religieux face au divorce. La femme, nous le savons bien, n’est pas protégée dans ce domaine ; elle subit sans cesse un abus de pouvoir face à l’impartialité des tribunaux religieux et à leurs procédures utopiques.  L’iniquité rencontrée dans ces tribunaux est énorme car souvent ils protègent la raison du plus fort, qui est celle de l’homme, le plus riche et donc le plus puissant.”

La communication est donc fondamentale pour construire ensemble l’humanité de demain. Pour que plus jamais on n’aperçoive une larme dans les yeux d’une femme.

Pour que le jour se lève enfin sur des êtres égaux, dignes et respectables, qui acceptent les différences, qui expriment le désir de vivre ensembles, de fonder une famille solide et de construire des nations.

 

Andrée Salibi

 

 

31 janvier 2014

Messieurs, libérez la place

Publié par andreesalibi dans Liens

 

« L’incompétence règne dans toutes les relations et, avec le temps, elle produit très naturellement l’indifférence. » Thomas Bernhard,

 

 

 

 « Un poids lourd emboutit sept voitures devant l’hôtel-Dieu de France, un mort et plusieurs blessés, quelques centaines de mètres plus loin, un automobiliste de 26ans, a fini sa course dans le fleuve de Beyrouth. Il a chuté du pont de la Quarantaine. Deux blessés également dans un accident de la route sur l autoroute de Dbayé, sur la voie du retour vers Beyrouth, un accident à Nahr el Kaleb faisant plusieurs blessés…  »

 Le problème de la circulation routière fait le malheur des Libanais, qui risquent leurs vies à tout moment, subissent des embouteillages monstres et passent le trois quarts de leur temps sur la route à stresser. L’absence de mesures de la part des responsables pour une application stricte du code routier multiplie tous les jours les victimes de la circulation.

 Sortir le matin de chez soi, savoir que des dangers sérieux nous guettent, mais sortir quand même, obligés que l’on est de le faire. Conduire le plus prudemment possible et subir toutes les infractions de la part d’autrui.  Maîtriser sa colère encore et encore jusqu’ à crever de rage et d’indignation devant autant d’iniquités, et en l’absence de toute surveillance de la part de l’Etat.
Qu’y a-t-il de plus périlleux que ces engins énormes, conduits par des chauffards criminels qui roulent à grande vitesse sur des routes et autoroutes non surveillées et mal signalisées ?  Les accidents font des blessés graves, des morts, parmi les usagers de la route, les cyclistes et les piétons. Et les responsables restent indifférents.

 Les Libanais ont cessé depuis longtemps d’espérer un changement. Ils assistent  à l’anéantissement de leur patrie. Le Liban a perdu son identité n’étant plus protégé par un Etat de Droit. Le Liban, et sa formule unique de diversité, d’entente et de partage, se disloque chaque jour un peu plus et le Liban message meurt.

Les Libanais ne sont plus sécurisés et leur pays est envahi par des réfugiés arrogants  qui aggravent le désordre existant et déstabilisent l’économie. Tous les jours des crimes sont commis qui demeurent impunis. Les medias rendent compte tous les jours d’accidents monstrueux, reproduisent les images choquantes des victimes, des voitures aplaties, des cadavres brûlés. Y –a-t-il plus cruel que la perte d’êtres chers? Des accidentés de la route partent laissant derrière eux des parents éplorés, des familles choqués et des amis effondrés. Les bars qui servent l’alcool à gogo, les chauffards arrêtés mais rapidement libérés, l’état désastreux des routes et des véhicules, le manque d’éclairage, l’absence totale d’agents de l’ordre: autant de facteurs qui contribuent à accroître le nombre des victimes de la route. Mais quel est l’ordre de priorité de nos dirigeants dans l’accomplissement de leurs devoirs? Qu’attendent-ils  pour agir et remettre le pays sur ses rails. Le Liban a dérapé et ses propres fils sont indifférents face à son état alarmant. Le Liban saigne et nul ne veut le soigner. Le Liban a tant donné et nul ne veut lui rendre la pareille.

Nos gouvernants ont toujours des excuses pour justifier leur absence sur le terrain et leur négligence flagrante dans l’accomplissement de leurs fonctions. Ils sont censés veiller sur notre sécurité et ne font que de la politique. L’étude sur le développement humain et social au Liban, révèle un triste bilan.

Comment convaincre ces responsables qu’il est pressant de former un gouvernement ou, dans l impossibilité de le faire, qu’il est  urgent d’appliquer le code de la route.

Chers responsables,  nous n’avons que faire de vos projets, de vos réformes: du fait de votre négligence, nous vivons dans le chaos. Aujourd’hui, notre priorité reste l’application stricte du code routier ; c’est surtout une présence massive d’agents de l’ordre que nous recherchons pour imposer la loi; c’est aussi de savoir que nos jeunes seront bien encadrés dans une patrie civilisée. De grâce, punissez les infractions, multipliez les amendes, les arrestations, les tests d’alcool, faites payer cher les contraventions, retirez les permis de conduire.

De régime en régime, nos dirigeants se sont détournés de l essentiel. « Toute opinion est indifférente aux ambitieux, pourvu qu’ils gouvernent. » Ils ont manqué de courage pour appliquer la loi et inciter les institutions à le faire. Par leur obstination à gouverner quand même,  ils ont tué  en nous tout espoir de changement. Il nous est égal d’être sous une domination ou une autre. Laissez messieurs, la place à d’autres, plus  pragmatiques. Et nous Libanais ne perdons plus espoir, refusons toute domination. « Rien n est indifférent, rien n est impuissant dans l’univers, un atome peut tout dissoudre, un atome peut tout sauver. » Gérard de Nerval

 

Andrée Salibi

9 septembre 2013

« Une croix sur le Liban,

Publié par andreesalibi dans Liens

 


Un livre passionné mais rigoureux sur un pays dont la disparition serait, comme celle de l’Arménie, l’un des grands remords du monde… » Jean-Pierre Peroncel-Hugoz

 

 « L’impossibilité d’établir irréfutablement ce qui est juste explique la prééminence occupée dans les sociétés, non par la justice, qui se discute, mais par la force qui s’impose. »

Qui sont ces responsables qui chahutent, qui réprimandent, qui avertissent et jurent au nom de leur propre Dieu ? Qui sont-ils ceux qui lèvent le doigt et menacent, qui promettent la vengeance la plus funeste, la guerre la plus néfaste, animés d’une colère explosive, regard dur et voix retentissante ? Qui sont ces êtres aux cœurs endurcis de haine, saturés d’animosité, qui profanent notre patrie en la déclarant terre de conflits ? Ceux, qui jouent de la vie de tous, qui se comportent comme la plus haute autorité existante, qui imposent leur propre loi, celle de la violence et des massacres, qu’ont-ils à offrir aux Libanais à part les guerres, la mort, et les slogans politiques à la mesure de leur vision ?

Pourtant, la guerre dévastatrice de juillet 2006 n’est pas oubliée, son souvenir demeure intact dans la mémoire collective. Ce fut une guerre féroce et primitive par la sauvagerie des frappes aériennes sur les civils, d’enfants massacrés dans leur sommeil, de corps éclopés… Les pertes étaient innombrables, des horreurs et des supplices, des ruines et des décombres, une géhenne ouverte. En ce temps là, les Libanais en désarroi avaient supplié le monde pour que cette barbarie prenne fin.

 Au nom de quel Dieu, ces leaders en colère déclarent-ils des guerres récursives et font-ils subir au peuple encore des injustices, des misères et des catastrophes ? Qui est en mesure de dédommager les rescapés pour leurs pertes, de préserver leurs droits les plus élémentaires suite à de telles guerres ? Le monde entier a offert aux Libanais des aides généreuses, qui n’ont pas suffi, hélas, à effacer les calamités et les ruines. Que de bâtisses ont été ébranlées suite à l’ampleur des déflagrations de cette guerre. Que de familles n’ont pas pu consolider leurs propriétés fragilisées par les frappes aériennes israéliennes et se plaignent aujourd’hui de la précarité de leurs logements, de leur frayeur de se retrouver tabassés dans leur sommeil par séisme qui touche la région de Tyr et la banlieue de Beyrouth.

Mais l’attitude des foules qui continuent malgré tout à acclamer ces leaders est anormale. Cette manifestation continuelle en leur faveur est contradictoire avec l’appauvrissement du peuple et la dégradation de sa qualité de vie. Les Libanais seraient-ils devenus des idolâtres dépourvus de toute lucidité ? Il est vrai qu’il est impossible de comprendre, de contrôler ce qui fait partie de la logique populaire : trop de lavages de cerveaux ont déjà eu lieu, et il est difficile de modifier les avis. Mais un minimum de jugeote reste cependant nécessaire. Ces bains de foules sont-ils la seule et unique solution pour détourner l’attention du peuple de ses réelles souffrances, pour camoufler la triste réalité du manque de progrès, d’évolution, de droits dans ce nouveau Proche-Orient absurde du XXI me siècle ?

Comment garder intacte la confiance des Libanais en leur pays, alors que la haine et la violence se déchaînent autour d’eux ? N’est- ils pas temps de cesser d’offrir les fils et les biens pour des guerres qui ne nous appartiennent pas, et de veiller à améliorer notre qualité de vie, à protéger nos intérêts, à planifier notre avenir comme toutes les nations du monde ?

Oui la vie au Liban est devenue infernale, des obstacles insurmontables nous sont imposés incessamment pour freiner le progrès, des obstacles qui radicalisent davantage la population, en particulier les jeunes ; des obstacles qui effacent notre patrie de l’échiquier du monde, la barrent d’une croix et changent sa formule politique. Ces guerres déclarées, ces actes terroristes, ces voitures piégées sont des moyens machiavéliques pour nous isoler encore et encore, pour nous priver des opportunités qui pourraient s’offrir, pour décourager les touristes, pour nous interdire toute civilisation.

.Ces responsables qui freinent la réconciliation entre les Libanais, qui refusent d’exercer leurs fonctions, sont dangereux. Leur influence sera condamnée par l’histoire. Ils crucifient sans cesse leur pays pour les intérêts des autres : “Il y a assez de clarté pour éclairer les élus et assez d’obscurité pour les humilier. Il y a assez d’obscurité pour aveugler les réprouvés, et assez de clarté pour les condamner et les rendre inexcusables. » Tout dépend du peuple, de sa lucidité, de sa perspicacité pour identifier les traîtres, leur ôter toute confiance.

Je ne reconnais plus mon pays, ni les personnes qui le gouvernent. La haine et la méchanceté se sont incrustées dans leurs cœurs. Ils réprimandent, blâment, houspillent dans une ambiance malsaine.

 

 

Andrée Salibi

15 août 2013

1976, trente ans après

Publié par andreesalibi dans Liens

 


 

En 1976, à la demande des libanais, la force de frappe arabe était entrée au Liban pour mettre fin à la guerre civile. Soulagé, le peuple l’avait reçue à bras ouverts avec enthousiasme et délivrance. Je manifestai ma joie, avide d’insouciance, de vie normale, et loin de la hantise de la mort. Cependant, mon bonheur était incomplet face à la grande déception de mon père et à sa réaction suite à une telle mesure ! Politicien engagé à Zahlé, il avait de lourdes responsabilités : il se donnait entièrement à sa ville natale pour éviter les dangers de l’occupation pendant que Zahlé était encerclée. Avec courage et détermination il clamait  fièrement l’indépendance, la souveraineté, ainsi que la liberté de sa patrie. Il avait admiré la bravoure des combattants, avait vu mourir de jeunes enfants, vécu les batailles les plus dures et passé des nuits blanches dans les casernes… Nul ne pouvait le convaincre que c’était la seule et unique solution. Je le vis plongé dans une tristesse sans limite en disant : « C’est pire que les bombes, c’est un suicide, ils sont entrés dans notre pays car ils ont plein d’intérêts stratégiques. Ils ne sortiront plus jamais ! ».

Oui papa,  j’ai pensé à tes paroles toutes ces longues années, quand je ne reconnaissais plus mon pays, ni les responsables qui le gouvernent. Leur arrogance et leurs maintes falsifications de la vérité avaient tout saccagé, multipliant les allégeances, les blessures, les morts, les humiliations, les insultes et les privations. Cette fameuse nuit du 27-28 février 05, je te portais dans mon cœur, déterminée comme tu me voulais, fière comme tu l’étais. Je me dirigeais seule, la nuit, vers la place des Martyrs pour rejoindre mes enfants. À 5 heures du matin, je t’avais demandé du courage pour affronter leurs menaces d’attaques et donner encore une chance à la libération. Ils voulaient à tout prix, faire taire la voix de la vérité et disperser les manifestants.  Je n’avais pas quitté les lieux malgré la peur qui m’envahissait, espérant une prise de conscience divine ! Vers neuf heures, lorsque enfin les libanais s’étaient déplacés en masse, protéges par une armée complice du peuple, je compris que le mur de la peur était tombé, que la liberté était plus forte que la soumission et la lumière plus forte que l’obscurité. J’ai pu alors admirer les beaux drapeaux de mon pays, le pays de mon enfance, qui se multipliaient comme de petits pains. Ils étaient brandis par les mains les plus chères, les plus nobles, celles de nos enfants, fatigués eux aussi, mais heureux de retrouver enfin leur identité et leur fierté.

Les occupants sont sortis, ils ne sont plus là. Ils ont emporté avec eux trente années de notre plus bel âge en nous laissant l’essentiel : notre cher Liban.

J’avais écrit ces propos il y a un an, pour garder intact le souvenir de cette nuit de libération, où nous avions assisté à la naissance d’une indépendance qui n’existait pas auparavant. Et si j’en reparle aujourd’hui, c’est pour demander aux responsables: qu’en est il de cette indépendance que le peuple leur avait confiée et qu’ont- ils fait pour la sauvegarder? On dirait que  la guerre ne nous a rien appris… Ils continuent à se diviser, à se lancer les mêmes injures et perdent leur temps à laver leurs linges sales en public. Ca suffit! De grâce arrêtez vos sarcasmes, nous ne voulons plus rien savoir, nous vous demandons d’agir discrètement, de sauver le peu de dignité qui reste, s’il en reste encore.

123

Univers de Tungaten |
henzzo |
naruto vs sasuke |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | J'accuse...!!!
| Les voyages du Lion Hupmann
| yadieuquirapplique