« Make no little plans; they have no magic to stir men’s blood. » Daniel H. Burnham,
À Lisa ,
Dès votre arrivée, cette ville vous attire et vous séduit. A la fois, austère et délicate, agitée et paisible, elle vous émerveille et vous attendrit. The City of big shoulders (Ville laborieuse), the Windy city (la seule incommodité de cette ville), the second city, the biggest, the greatest (après New York), autant d’appellations for such a wonderful city!
Ville aux multiples visages culturels, à l’histoire fascinante, elle comble tous les goûts tout en se caractérisant comme ville américaine unique.
Au XVIIème siècle, le Québécois Louis Jolliet eut l’idée de relier l’atlantique au golfe du Mexique, pour former le chainon du réseau navigable. Plus tard, son rêve se réalisa et Chicago devint ce centre tant souhaité vers lequel confluent tous les produits de toute l’Amérique. Son aéroport O’hare, le plus animé du monde, lui transmit aussi son importance commerciale. Elle devint la métropole de l’état de l’Illinois, le lieu de désignations des hommes politiques, la patrie des peuples Afro-Américains à la musique traditionnelle, des peuples Latino-Américain, Polonais, allemands, juifs, Irlandais, Ecossais, Italiens, Asiatiques et tant autres.
Mais Chicago fut complètement avalée par les flammes de l’incendie de 1871. Ses maisons en bois furent réduites en cendres. Elle fut reconstruite entièrement, mélodieusement par de grands architectes et le résultat fut magistral. Ils ont osé toutes les formes, offert toutes les audaces, pour une architecture moderne grandiose. Leur travail fut, parfait, indélébile et irréprochable. Chicago devint la capitale mondiale de l’architecture moderne et porte fidèlement leurs noms. Je cite Daniel H.Burnham, John M. Van Osden, Edward Burling, Peter B.Wright et W.W.Boyington, Louis H. Sullivan et son élève Frank Lloyd Wright.
Daniel H. Burnham est l’architecte bâtisseur qui donna à Chicago son importance d’aujourd’hui. Il fut derrière la « Words Columbian Exposition de 1893 » et le plan révolutionnaire d’urbanisme de 1909 de Chicago. Son plan devint une référence de la progression de cette ville. Tout y est planifié, réalisé et respecté pour fluctuer le chaos en ordre et pour décongestionner la circulation de la ville. Le réseau de parcs, le réseau des rues, les voies rapides, le système ferroviaire, les institutions culturelles, l’organisation des rues et avenues sont des exemples réussis de son plan visionnaire.
Frank Lloyd Wright est pour certains le plus grand architecte de Chicago. Entre 1989 et 1909 il construisit « la prairie house », il n’avait que 22ans. Sa maison à Oak Park, porte ce style nouveau par excellence. Le « style prairie », est un style aux lignes horizontales, aux paysages plats. C est un langage architectural nouveau, organique, inspiré des maisons japonaises et de la vie rurale de la prairie de Chicago. Il s’oppose à la construction suburbaine. La plupart des maisons de Wright « style prairie » ne se trouvent pas dans la prairie, mais dans la banlieue chic de Chicago (Oak Park). Le foyer de la cheminée dans ces maisons est le centre principal de ces constructions, vu l’importance et la commodité du réchauffement que ca procure et autour duquel gravitent tout le reste. Les vitraux des portes et des façades sont chez lui des éléments décoratifs répétés. Ce sont des écrans transparents, rectangulaires aux formes géométriques colorés, aux motifs simples de drapeaux américains, de ballons, de damiers, qui relient si bien l’extérieur à l intérieur.
Des chicagoens célèbres il y en a beaucoup ; Barak Obama, Hillary Clinton, Raquel Welch, Oprah, le romancier Nelson Algren qui fut l’amant de Simone de Beauvoir (elle lui dédia son livre paru en 1997 chez Gallimard « Lettres à Nelson Algren : un Amour transatlantique »), Louis Armstrong qui apporta à Chicago son titre de capitale mondiale du jazz, Muddy Waters. Al Capone le gangster (il ordonna le Massacre de la saint-Valentin, pour se débarrasser de sept membres du gang). Walt Disney le pionnier de l’animation, Marshall Field le marchand qui créa les grands magasins (son slogan connu «Give the lady what she wants ». Enrico Fermi l’auteur du réacteur nucléaire qui mena à la première bombe atomique prix Nobel de physique). Hugh Hefner et son fameux magazine playboy qui porta en son premier numéro la photo de Marilyn Monroe, Charles A.Comiskey et son premier match de baseball et son équipe White Sox de Chicago. Richard Sears et son entreprise de vente par correspondance et tant d’autres. Le détecteur de mensonges, la fermeture éclair, la grande roue, le métro aérien, les patins à roulettes, les restaurants McDonald’s sont parmi les nombreuses inventions de cette ville.
Le littéraire Ernest Hemingway aussi est un chicagoen écrivain romancier d’Oak Park. L’ensemble de son œuvre fut couronnée par le fameux prix Nobel de littérature en 1954. Les visites de sa maison de naissance et du Musée qui porte son nom sont attrayantes. Sa brillante carrière littéraire fut dessinée lors de son travail de reporter et lors de la création de célèbres œuvres dont L’Adieu aux armes en 1929, qui est le chef d’œuvre de son travail :
« Le monde brise les individus et chez beaucoup il se forme une cal à l’endroit de la fracture ; mais ceux qui ne veulent pas se laisser briser, alors ceux-là le monde les tue. Il tue indifféremment les très bons et les très doux et les très braves. En regardant le corps sans vie de Catherine, Frédéric comprend que la mort est la fin de toutes choses et qu’un homme ne peut rien faire d’autre que de la subir. Il n’y a pas d’amour heureux chez Hemingway. »
En prononçant le nom Chicago, le lac Michigan suit, la Michigan Avenue aux rues tapissées de plantations éclatantes de couleurs et de formes et le Michigan Avenue Bridge, qui est un pont levant sur la rivière Chicago, traversé par la Michigan avenue.
Le lac Michigan est l’un des cinq grands lacs d’Amérique. Il est situé à la frontière américo-canadienne. C’est le seul lac situé complètement en territoire américain et les chicagoens lui vouent un culte absolu. Aucune construction à ses bords n’est tolérée. De superbes jardins et plages s étendent sur toute sa longueur. En 1990, la rivière puante de Chicago, ou « stinking river », qui passe dans le centre ville fut l’objet d’un grand nettoyage dans le cadre du projet d embellissement du maire de Chicago, Richard M. Daley. Elle déversait ses eaux usées dans le Michigan et le polluait, polluant aussi l’eau potable de Chicago. La solution fut l’inversion du cours de son eau au moyen d’une série d’écluses, vers le golfe du Mexique. On reconnaît la rivière Chicago grâce à la tradition de teindre ses eaux en vert pour la Saint-Patrick.
Le Loop au bord du lac Michigan est le deuxième plus important quartier d’affaires des Etats-Unis après Midtown Manhattan à New York. Il abrite de nombreux gratte-ciel dont Home Insurance Building, le premier Gratte-ciel au monde et Willis Tower ou Sears tower, le plus haut gratte-ciel du monde jusqu’à 1998, dépassé après par Taipei à Taiwan, et Burj Khalifat à Dubaï.
Chaque année au mois de Mai, après un hiver rigoureux, la Michigan avenue se réveille et atteint sa beauté divine. Les tulipes, les jonquilles, les muguets, les iris, les magnolias, toutes les fleurs du monde ont bien choisi leurs domaines. Elles s’alignent et se dressent orgueilleusement procurant aux passants des émotions intenses. Une rue qui se noie dans des allées illimitées de boutiques à l apogée de la mode, animée par un vent nouveau d’élégance. Un farniente garanti, sous les yeux protecteurs de son lac prodigieux et des Dieux de l’urbanisme et de l’esthétique. Une sensation de quiétude sur terre tant les paysages sont beaux. Une impression d être proche du ciel tant les yeux restent levés vers les gratte- ciel aux maintes formes qui nous captivent et nous charment.
Le Grant Park ou le Lake Park (porte le nom du président des Etats-Unis, Ulysses S.grant) fut exempt de constructions. Son architecture fut confiée aux frères Olmsted qui sont les architectes du Central Park de New York, et le parc du Mont-Royal à Montréal. Le Grant Park est le lieu de festivité des chicagoens, des manifestations et des rencontres sportives ou autres. 350000 fideles ont assisté à la messe célébrée par le pape Jean-Paul II en 1979 à cette même place.
La Worlds Columbian Exposition de 1893, que j’ai déjà mentionnée, entraina la naissance de plusieurs institutions culturelles sur son terrain, dont l’Art Institute of Chicago. C est la plus grandiose construction du Grant Park et l’un des plus beaux musées américains. Il est gardé, des deux côtés de son escalier central, par deux gigantesques Lions en bronze d’Edward Kemeys, devenus les symboles de cette institution. Ce musée est la ferveur de Chicago autant qu’il contient des trésors et richesses, une vaste collection et rétrospective de l’histoire de la peinture européenne depuis le XVème siècle jusqu’à nos jours. De Botticelli À Chagall, Rubens, Poussin, Rembrandt, Delacroix, Matisse, Dali, Magritte et tant d autres. Ce musée est tenu par un comité dynamique qui varie tous les jours les expositions et les maintes activités culturelles. Multiculturel, il abrite sous le même toit l’art Africain et Amérindien, l’art d’Amérique son architecture et design, l’art d’Asie et de l’antiquité, l’art Contemporain, les arts décoratifs d’Europe, les peintures et sculptures Européennes du Moyen-âge à l’époque Moderne, de la photographie, des textiles, des gravures et des dessins. Le visiteur ne fait pas d efforts, mais il tombe sous son charme, revient tous les jours pour admirer encore et encore les plus grandes pièces d’art et œuvres de maîtres.
Le millenium Park prolonge le Grant Park au nord. C’est le plus beau Parc urbain qui a remplacé et recouvert les voies de chemin de fer, qui enlaidissaient auparavant cette place. Il a contribué lui aussi à l’image de marque de la ville de Chicago. Plusieurs équipements très impressionnants lui donnent son dynamisme et son succès. La McCormick Tribune Plaza and Ice Rink, la sculpture Cloud Gate, les couloirs Boeing Gallery north, le Boeing Gallery South qui accueillent des sculptures monumentales.
Dans ce texte, je n ai pas parlé de tout Chicago, il est impossible de le faire, mais juste de la partie que j ai connue et que j’ai tant aimée. Malgré ma lassitude du moment, Chicago m’a reçue à bras ouverts et je suis vite tombée sous son charme. Là-bas le stress disparaît, c’est un autre monde. Là-bas le cadre est si beau que nos idées changent, se renouvellent et se plaisent. Là-bas les chicagoens sont corrects, confiants et serviables. Là-bas la curiosité est intense, il reste beaucoup à apprendre. Là-bas le temps a suspendu son cours, il avance à notre rythme. Là-bas les caractères s’adoucissent, les sourires se dessinent, des gens heureux nous entourent. Là-bas la beauté est démesurée, l’art est panaché, la culture est à la portée de tous.
Andrée Salibi